samedi 16 mai 2009

TU MOURRAS

Un matin de nuages, ventres d’outres cornues,
Je criblerai de coups à surin que veux-tu
Ton bedon de chimères, je criblerai debout
Le souffle nébuleux de ton ventre à tous coups.

Et tu crieras,
À panse déployée,
Viscères aboyés,
Et tu mourras
Comme meurent les gens
Au vivre intransigeant.

Un soleil au zénith et feux corpusculaires,
Je talerai de bleus, à poings flétrissant l’air,
Ta chair ivre de feux, je talerai tes yeux
Au zénith mort béants, marqués de horions bleus.

Et tu crieras,
En regard des douleurs
Les plaisirs de la peur,
Et tu mourras
Comme meurent les arbres
Sous cognée de cinabre.

Un soir de blonde lune à gorge cornoueuse,
J’éteindrai tes quinquets de ma main vigoureuse
À ta gorge nouée, j’éteindrai les reflets
Châtain-roux sous la lune de tes fauves quinquets.

Et tu crieras,
Invoquant l’outre-monde
À gorge moribonde,
Et tu mourras
Comme meurent les bêtes
Au fanal des tempêtes.

Une nuit d’or saignée, d’astres écorchés vifs,
Je trancherai ton cou d’un eustache incisif,
En trachée qu’on dévaste, je trancherai le goût
Du gros sang qu’à bouillons borborygme ton cou.

Et tu crieras
À gargoine fendue
Un gargouillis ténu,
Et tu mourras
Comme meurent les astres
Au trou noir des désastres.

Un jour n’importe quel, qui de cordes se navre,
Je pendrai à leur nœud ma viande, mon épave,
À son croc je pendrai ma carcasse de gueux
Car qu’importe à mes chairs la raideur de ma queue ?

Et je crierai,
À gosier rétréci,
Ma besogne accomplie,
Et je mourrai
Comme meurent les morts
Arrivés à bon port.

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Et moi, et moi, et moi!

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Paris, Ile-de-France, France
Aède érotomane, mélancolique et blagueur.

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