mardi 2 décembre 2008

J'AI ZU

J'ai cru, j'ai cru quelquefois voir
Des rois, ocres, têtus et fauves
Parader sous les ostensoirs
D'un menu tilleul de guimauve.

J'ai pu, pu maintes fois sentir
En ses circonvolutions vierges
L'effluve bleu des cents martyrs
Qui d'ablutions vaines s'aspergent.

J'ai su, j'ai su parfois comprendre
- Ô la tendre et suave confesse ! –
­Qu'aux échelles des dieux la cendre
Est bourbe et grave chanoinesse.

J'ai dû, oui, j'ai dû autrefois
Déduire des faux frais de foire
L'historique frêne vaudois
De la fourbe Didon des douars.

J'ai lu, lu à n'en pouvoir mais
Les glabres manuscrits du ciel
Qu'en son verbiage libre émet
Le sabre attifé de soleil.


J'ai bu, bu tant et tant de fois
Aux bancs de l'arrière-saison
De vertigineux et sournois
Produits noirs de décuvaison.

J'ai vu, souventes fois revu
Le glorieux méat de velours
Dont le sanglot sapide et cru
Orne le gland des troubadours.

Mais combien de fois ai-je tu
- Et ce fut bien obstinément­ -
Le seul et vrai chagrin qu'ait eu
Mon cœur en ses âpres tourments?

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Et moi, et moi, et moi!

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Paris, Ile-de-France, France
Aède érotomane, mélancolique et blagueur.

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