mardi 2 décembre 2008

TITHONOS

Les plages abîmées par un soleil sans liesse
Époumonent leur sable aux rides du meltem,
L'immobilité fière en sa claire détresse
Ronge, érode un rivage où le silence essaime ;

Et d’un bout de la grève jusqu’à l’autre horizon,
Il n'y a qu'une mer, en son vignoble éparse,
Une mer que font taire des siècles de raison,
Ivres de tragédies qui se perdent en farces.

L’ombre des nues navigue, rachitique et noueuse,
Sous la griffe abusée de quelques yeuses mortes
Quand l'après-midi tend les cordes impérieuses
De son vain violoncelle que la lumière exhorte.

Alors c'est la cigale qui gratte ses arpèges
Aux élytres têtus que la chaleur lacère
Dans les branches aveugles du même chêne-liège
Que celui où les dieux me métamorphosèrent.

Le pouvoir de mon nom irradie bien encore
Les stridences amères de ce que fut jadis
La vertu de mon âme éprise d'une Aurore,
Mais qui reconnaîtra 1’ animal préjudice

Qu’à mon humanité, ce tant noble attribut,
Fit le vœu de ma femme ? O vous divinités
Qui voulûtes naguère me jeter au rebut,
Délivrez Tithonos, ayez-le en pitié,

Il vous en saura gré et cessera le jour
De chanter sa rengaine récurrente et lassante
Qui freine le soleil en son zénithal tour
Et exténue les heures que son feu ébouillante.

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Et moi, et moi, et moi!

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Paris, Ile-de-France, France
Aède érotomane, mélancolique et blagueur.

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